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04/08/2017

La Dune du Pilat est de plus en plus haute d'année en année




Au printemps 2017, le point culminant de la Dune a été enregistré à 110,5 m, soit une hausse de 1,30 m par rapport aux mesures de 2016 réalisées à la même époque. Son évolution vient d'être étudiée dans le cadre des actions de suivi menées, depuis 2002, par l'Observatoire de la Côte Aquitaine.


Source : Pixabay, image libre de droits
Source : Pixabay, image libre de droits

Les experts de l'Observatoire de la Côte Aquitaine arpentent chaque année les sommets de la Dune du Pilat (lors des mesures, ils parcourent l'équivalent de 7 fois la montée de la Dune en une journée), un "tas de sable" devenu monument naturel exceptionnel par ses dimensions, son évolution et sa fréquentation touristique (2 millions de visiteurs par an, selon le Syndicat mixte de la Dune du Pilat).

Depuis 2002, l'Observatoire de la Côte Aquitaine mène des études topographiques et de photos interprétations afin de comprendre les différents processus d'évolution de la Dune. Ces derniers sont au nombre de deux et façonnent la Dune au fur et à mesure des années :
Le phénomène d'érosion-accrétion : actif au niveau du trait de côte (soit l'espace de jonction entre la terre et la mer) ;
Le phénomène dit d'avancée dunaire (la Dune se déplace vers la forêt) : principalement causé par les vents dominants (Ouest) qui transportent chaque jour des millions de grains de sable.

La Dune du Pilat culmine, en 2017, à 110,5 mètres dans sa partie centrale contre 108,9 mètres en 2011 et 109,2 m en 2016. À noter que la crête n'est pas le témoin général de l'évolution de la dune. Celle-ci est très mobile et peut rapidement se déplacer (avancer ou reculer) au gré du vent, sans toutefois témoigner directement de son avancée vers la forêt, de même que cette altitude peut varier rapidement d'un jour à l'autre.
Depuis 2011, les changements notables concernent le trait de côte. Son évolution se divise en trois secteurs :
Le Nord : zone généralement marquée par une très forte érosion ;
La partie centrale : une zone habituellement stable voire en accrétion (qui avance vers la mer) ;
Le Sud : cette zone est généralement stable ou en érosion mais moins impactée que la partie Nord.

Depuis le début des levés DGPS, la partie Nord de la Dune du Pilat est en érosion chronique avec un recul moyen de 4 mètres par an. L'érosion semble s'être stabilisée entre 2016 et 2017 au niveau notamment de la Corniche. Elle est ainsi plus faible que l'an passé. Cela peut s'expliquer par la configuration générale des passes du Bassin, en particulier par une position du banc d'Arguin plus favorable à la protection du rivage contre les fortes conditions hivernales d'agitation marine. Il est également possible que les conditions météo-marines aient été plus clémentes.

Dans la partie centrale, le phénomène d'accrétion du pied de dune se poursuit avec la formation d'une "banquette", soit une couche de sable qui se forme avec l'apparition de végétation.

Au Sud, le phénomène d'érosion s'est inversé. Cette zone, généralement moins touchée que la partie Nord, affiche une érosion marquée depuis 2016. Le recul moyen est de 2 mètres cette année, avec des reculs par endroit de 6 mètres. Là encore, l'explication pourrait venir de la combinaison de la position du banc d'Arguin, de la direction des vagues et des courants de marée.


 


Quel état pour les plages en ce début d'été ?

Le paysage côtier de l'ex-région Aquitaine fut fortement impacté pendant l'hiver 2013-2014 : recul du trait de côte, abaissement des plages, dégradation des ouvrages... L'hiver 2014-2015 fut plus clément et permis aux plages de se ré-engraisser progressivement. Aujourd'hui, au début de l'été 2017, le constat est rassurant. L'hiver 2016-2017 fut favorable dans la continuité de l'hiver précédent et contribue à ce que, petit à petit, les stigmates de l'hiver 2013-2014 s'effacent.

Deux événements tempétueux ont tout de même eu lieu pendant l'hiver : le week-end du 3 au 5 février et le 28 février 2017. Du fait de plages très chargées en sable avant la phase de tempêtes, de faibles coefficients de marées et d'une période peu rapprochée entre les deux événements (moins d'un mois, ce qui laisse le temps aux plages de se reconstituer), aucune érosion anormale, falaise dunaire et attaque marine n'ont été à déclarer.

Différents vents du Nord et du Sud, ainsi qu'une houle importante pendant l'hiver, ont amené du sable sur les hauts de plage ou pied de dune, ce qui a permis au printemps de voir apparaître des dunes embryonnaires, soit la stabilisation d'une dune avec le développement de végétation sur le pied de dune. Des coins sableux se sont ainsi formés et ont permis notamment de masquer les nombreuses falaises dunaires formées sur le littoral aquitain pendant l'hiver 2013-2014 (cf exemple ci-dessous sur la plage du Grand Crohot à Lège-Cap-Ferret).

En ce début d'été 2017, les plages du littoral aquitain sont donc de manière générale en bon état d'un point de vue sédimentaire et devraient recevoir encore plus d'apport sableux (comme c'est généralement le cas en saison estivale). Bien que quelques plages subissent encore des érosions chroniques, si l'été se passe bien, le littoral aquitain devrait avoir des plages très chargées en sable et prêtes pour affronter le début de la mauvaise saison hivernale.

 





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