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12/02/2015

L’ANR propose des insectes pour l’alimentation animale

Jean Camier



L’Agence nationale de la recherche (ANR) finance le projet Desirable. Dans le cadre du programme Systèmes Alimentaires Durables (ALID), il s’agit de répondre à la pénurie de protéines pour l’alimentation animale avec des insectes.


« Dans un contexte de demande croissante de viande et de pénurie des surfaces cultivables, les cours boursiers des protéines permettant l'alimentation des animaux se sont fortement accrus ces dernières années. Ces ressources sont ainsi devenues de véritables enjeux économiques pour l'alimentation animale et, par voie de conséquence, pour l'alimentation humaine » commence l’Agence nationale pour la recherche (ANR). L’idée n’est pas nouvelle et avait fait la une des médias il y a peu (ICI).

Malgré le battage médiatique, les industriels n’ont pas encore entrepris ce virage, certains que les consommateurs ne sont pas enclins à se nourrir de cette façon. L’idée n’a cependant pas disparu et les problèmes de raréfaction des protéines pourraient bien trouver sa solution avec les insectes. Dans le domaine, l’alimentation animale pourrait bien faire le pas en premier. « Les recommandations de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour nourrir le monde en 2050 intègrent le développement de la production de protéines et notamment de "Matériaux Riches en Protéines", dits "PRM", issus des insectes pour l'élevage et l'agroalimentaire. Les insectes semblent en effet être une solution crédible et écologique pour contrer la pénurie de PMR » souligne l’ANR.

L’Agence a ainsi lancé en 2013 le projet Desirable. Son objectif : « d'évaluer la performance de la larve de mouche soldat et du ver de farine pour nourrir les poissons et les volailles. »

Solution écologique

L’un des arguments de poids de cette piste repose sur ses caractéristiques écologiques. D’après les chercheurs, l’utilisation d’insectes est une solution prometteuse parce qu’elle a un faible impact sur l’environnement. Par ailleurs, dans le cas des poissons et volailles, « les insectes ont l'avantage d'être naturellement présents dans les régimes alimentaires.»

Autre argumet d’ordre écologique, « le projet Desirable a pour ambition de couvrir le nouveau secteur industriel de l'insecte dans sa totalité, depuis la récolte de déchets organiques pour nourrir les insectes qui seront transformés en PMR jusqu'à la consommation finale dans les élevages avicoles et piscicoles. L'objectif, à terme, étant de concevoir une bioraffinerie d'insectes qui permettrait de fournir les éleveurs, mais aussi les producteurs de biomatériaux et les secteurs pharmaceutique et cosmétique. »





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