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28/06/2012

Classe préparatoire : des filières ancrées dans la reproduction sociale ?




Une récente étude du ministère de l'Enseignement supérieur révèle que les classes préparatoires sont encore, et majoritairement composées de façon inégale. Et ce, malgré des dispositifs tels que l’égalité des chances, dont le but était d'améliorer la formation des élèves issus de milieux moins favorisés. Or, depuis 2001, les changements sont imperceptibles.


Image: FreeDigitalPhotos.net
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Toujours plus d'élèves en classe préparatoire

Selon l’étude du ministère de l’Enseignement supérieur, le nombre d’élèves inscrits en classe préparatoire n’a cessé d’augmenter entre 2001 et 2011, passant de 70 000 à 80 000 sur la période. Le ministère de l'Enseignement supérieur constate ainsi une hausse des inscriptions de 14 % en dix ans. Et sur la seule période 2010-2011, les effectifs ont augmenté de 0.7 %. L'on remarque que la filière littéraire est celle où la proportion d'inscriptions a été la plus forte sur la période 2010-2011 (+3,1 %), suivi de la filière économique et commerciale (+0.6 %) et de la filière scientifique (+0.2 %). Si la majorité des étudiants en classe préparatoire sont des bacheliers généraux, l'on constate également que les bacheliers technologiques sont de plus en plus nombreux. Mais cette évolution ne témoigne en rien de la diminution des inégalités en termes d'accès aux classes préparatoires, qui sont, semble-t-il, toujours réservées aux milieux favorisés.

L’accès aux classes préparatoires, toujours inégal

Outre l’augmentation constante du nombre d’inscrits en classes préparatoires, le constat qui ressort de l’étude du ministère de l’Enseignement supérieur met l’accent sur les inégalités entre les classes sociales. Il s’avère en effet que si les effectifs ont augmenté, les proportions d’élèves par catégorie socioprofessionnelle n’ont guère évolué, et il en va de même pour les inégalités entre les sexes. Ainsi, la proportion d’élèves inscrits en classe préparatoire, issus de parents agriculteurs était la même en 2011 qu'en 2001, à savoir 2 %. Les enfants d'artisans, commerçants et chefs d'entreprise représentaient quant à eux, 9 % des élèves inscrits en classe préparatoire en 2011, alors qu'ils représentaient 7 % des élèves en 2001. Une évolution de 2 % seulement que l'on observe également pour la catégorie des ouvriers, des employés, des professions intermédiaires, des retraités, des professions libérales et des cadres supérieurs. Cette dernière catégorie est celle dont les enfants sont les plus favorisés, représentant 51 % des élèves en classe préparatoire en 2011.

Les dispositifs de lutte contre l'inégalité, inefficaces

Les efforts des pouvoirs publics en matière de lutte contre les inégalités pour l'accès aux classes préparatoires ont été inefficaces. Retournons en 2009, alors que le gouvernement célébrait l'ouverture des classes préparatoires aux classes populaires. Déjà, de nombreuses critiques s’insurgeaient contre les dispositifs mis en place, notamment sur la hausse de la part des élèves boursiers. Cette part ne représentait en fait pas les classes les moins favorisées, et l'enthousiasme du gouvernement ne se justifiait pas. Mais sans revenir sur les nombreux points qui ne donnaient pas d'espoir à une diminution des inégalités à ce niveau, le constat est aujourd'hui évident. Les inégalités demeurent. Entre les catégories socioprofessionnelles, mais également entre homme et femme. Les femmes ne représentent encore que 42 % des étudiants en classe préparatoire.




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